22 mars 2009
Dmitri Jr. Chostakovitch: A la recherche de la vitesse perdue
Peut-être
personne d’autres n’aura un cadeau d’anniversaire aussi charmant que celui de
Maxime Chostakovitch pour ses 19 ans : Concerto pour piano No. 2 en fa
majeur composé par son père, Dmitri Chostakovitch. Malgré le fait que ce
deuxième concerto pour piano reste toujours moins important et moins représenté
sur scène que le premier, Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes en do mineur, Op.
35, le thème du deuxième mouvement pourrait être l’un des plus beaux parmi tous
les concertos pour piano composés au XXème siècle, la musique a été utilisée
dans l’un des films majeurs de Rainer Werner Fassbinder, Faustrecht der Freiheit (Le
droit du plus fort).
Sans
aucun accord de virtuosité, la main gauche tricote soigneusement les arpèges,
sur lesquels repose la tendre ligne lyrique de la main droite. L’échange entre
le piano et l’orchestre continue le chant couramment, mais d’une manière
pensive et retentissante, ce n’est pas étonnant si nous confondrons ce langage
musical avec celui de Rachmaninov, les deux ont tous du talent pour écrire les
mélodies qui cherchent à toucher le plus profondément possible dans l’âme,
malgré le contraste radical au niveau des techniques.
Opposé à son style d’habitude, macabre et infiniment douloureux, Chostakovitch nous montre son côté joyeux et brillant dans les deux mouvements d’Allegro. Le premier mouvement exerce le style d’une marche, plein de foi robuste. Le dernier Allegro me paraît comme un Moto Perpetuo, construit au comble de la joie. Le compositeur a emprunté avec humour les gammes rapides du deuxième fameux exercice de Hanon avec plusieurs modulations, serait-il le seul moyen de forcer son fils à s’entraîner avec ces exercices ? A part de l’enregistrement légendaire de Chostakovitch lui-même chez EMI, peu de pianistes réussissent à garder un rythme satisfaisant, certains ont l’air distrait, et d’autres restent inertes, par exemple l’enregistrement d’Elisabeth Leonskaja, ou de Patrik Jablonski. La vitesse ne garantit pas entièrement la qualité de la musique, certes, cependant après plusieurs écoutes de l’enregistrement authentique de Chostakovitch, j’ai l’impression que pour les deux mouvements rapides, la musique risque d’être réellement handicapée sans une vitesse appropriée, et finalement, ce n’est qu’avec le petit-fils du compositeur, Dmitri Jr. Chostakovitch, que nous pouvons la retrouver dans un de ses enregistrements chez CHANDOS, presque identique à l’interprétation de son grand-père, Dmitri Jr. Chostakovitch, il nous rappelle la virtuosité frénétique de ce grand homme survécu de ses souffrances.
CHANDOS: Piano Concerto No. 2 Op. 102, Symphony For
Strings, Op. 118a, Dmitri Jr. piano, I Musici de Montreal, Maxime
Chostakovitch
Download: 3. Piano Concerto #2 In F, Op. 102 - 3. Allegro (5.17)

